Disparition de la la mort, dans cette Expérience Mort #3

Expérience Mort, tome 3 : La résurrection de la chair

L’exploration de l’au-delà menée par Mme Fork (dans le diptyque précédent) a donné des résultats inattendus. Depuis que son équipe a fait exploser leur improbable véhicule de l’autre côté, les morts reviennent petit à petit. Tous les morts, sur toute la planète. Pas comme des zombies, mais bien comme s’il se relevaient d’un long sommeil, pour reprendre leurs vies. Désormais, les humains sont immortels ! Et tandis que les impacts sont incalculables, nos protagonistes tentent de trouver un moyen de retourner « là haut » afin de comprendre… ce qu’ils ont fait.

Cet album fut une excellente surprise, après la déception du précédent. Loin du voyage un peu abscons, nous sommes ici plongés dans un monde original, où les conséquences des résurrections sont palpables, tant au niveau géopolitique mondial, qu’au niveau intime. Comment les états doivent-ils générer une population qui va croissante exponentiellement ? Comment réagiriez-vous, vous-même, si un proche décédé revenait sonner à votre porte ? Des questions intelligemment amenées qui, je pense, toucheront forcément le lecteur, qui qu’il soit.

Les auteurs vont même s’amuser à imaginer les multiples façon d’exploiter ses résurrections en chaîne, en présentant intelligemment les possibilités qu’elles peuvent offrir…

Le scénario, quant à lui, pêche par sa simplicité, teintée d’un peu de confusion. Il est clairement éclipsé par l’univers qui nous est dépeint. Et en soit, ce n’est pas vraiment un mal, même s’il faudra bien conclure cela dans le prochain et dernier tome.

Notons tout de même que le nouveau personnage de Matt, présent sans l’être dans les deux opus précédents, se trouve doté d’un charadesign là encore plutôt bien trouvé. En opposition à sa mère, ami improbable de père Taillard, entouré d’une aura sainte pour certains, démoniaque pour d’autre. Un personnage qui cristallise l’un des thèmes fort et évidents de cette série : celui de la foi.

Enfin, les dessins sont toujours égaux, avec un style assez particulier, plutôt rigide, mais finalement bien adapté à ce monde au bord de l’absurde, où la mort n’existe plus.

En conclusion, cela valait la peine de subir les deux tomes précédents, pour aboutir à celui-ci !

Notes

Scenario : 5 / 10
Dessin : 6 / 10
Ambiance : 10 / 10
Note moyenne : 7 / 10

En savoir plus sur l'album...

Série : Expérience Mort

Album : tome 3/4 : La résurrection de la chair
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : août 2015

Lien : Site officiel

Taille : 48 pages

9 commentaires sur “Disparition de la la mort, dans cette Expérience Mort #3”

  1. Ça me rappelle Les intermittences de ma mort, de José Saramago : les gens cessent de mourir soudainement, et l’auteur en explore les conséquences.

  2. C’est, je trouve, une des façons les plus intéressantes pour faire de la science-fiction/dystopie : on part de notre monde, on applique des changements (on est dans le futur, tel événement n’a pas/a eu lieu, on a découvert telle chose, etc), et on essaie d’avoir une réflexion la plus pertinente possible sur les conséquences que ces changements auraient sur notre société. En tout cas, c’est une façon d’écrire qui m’intéresse beaucoup, et qui suscite le plus de questionnement et de remise en question pour moi.

    A quand un livre sur : « Notre monde, mais le réchauffement climatique a rendu la moitié du globe non vivable » ? XD

  3. Merci pour vos remarques.

    @Manekino :

    Intéressant, je ne connaissais pas. Cela dit, dans cet album, en plus des gens qui cessent de mourir, il y a également ceux qui reviennent à la vie ! 🙂

    @Lyrgard :

    Je suis d’accord que c’est une façon intéressante de faire de la science-fiction, que l’on nomme parfois « anticipation » ou « hard-SF », pur des postulats et une narration particulièrement crédible.

    Néanmoins, j’aime également de nombreux autres genre de SF : le space opéra, l’uchronie… Qui nous interrogent parfois de manière moins crédible, mais tout aussi interessante.

  4. @ Lyrgard : en fait non, la hard SF, c’est autre chose, c’est quand un auteur essaye de coller le plus possible aux connaissances scientifiques de son époque.

  5. Je ne suis pas sûr… Car dans ce cas, ce ne serait plus de la SF, mais une histoire réaliste se déroulant dans une « ambiance scientifique », non ?

  6. Non c’est bien de la science fiction.
    2001 c’était de la hard SF par exemple, parce que ça collait à ce que l’on savait de l’astrophysique à l’époque.
    Pour un exemple plus récent, Orca de Pierre Raufast c’est de la hard SF.

  7. Disons qu’un auteur de hard SF essaye de ne pas mettre de bêtises trop évidentes (comme une bombe sonique dans l’espace…)

  8. « 2001 » tu classes cela dans la hard-SF ? Je ne sais pas… Parce qu’entre les aliens monolithiques, la caissons de stase, l’intelligence artificielle forte… Pour moi, on est quand même beaucoup plus dans de la bonne SF, même si c’est relativement crédible. En fait, je me dis que cette sous-catégorie de « hard SF » est quand même trés subjective, je pense.

    Une bombe sonique dans l’espace ? Je ne vois pas du tout à quelle saga de cinéma tu fais allusion. 😀

  9. Même si la fin de 2001 est très mystique, les premières parties sont très réalistes. Et un livre peut appartenir à plusieurs catégories ou sous-catégories.
    De plus, il est difficile de trouver un exemple parfait-pile poil d’un genre littéraire. (Je me demande si toutes les catégories ne sont pas un peu subjectives.)
    Et il ne faut pas oublier que ce qui est vraisemblable à une époque ne le sera peut-être pas plus tard. (J’avais lu une nouvelle d’Asimov datant de ses débuts, où des robots se posaient sur la surface de Jupiter… ce qui n’était alors pas une erreur.)

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