Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article Asphodèle (#1) enquête en Urban Fantasy au préalable !
En quelques mots
Malgré quelques idées de mise en scène inspirées et un univers ésotérique intrigant, Asphodèle #2 souffre d’un scénario trop mécanique pour réellement faire décoller sa dimension fantastique.
- Quelques compositions de planches très réussies
- Les liens avec le passé d’Asphodèle intriguent réellement
- Une enquête peu passionnante
- Un charadesign en recul par rapport au premier tome
- Des personnages secondaires toujours peu marquants

Pitch
Il est maintenant clair que c’est un sorcier mort-vivant (avec lequel Peter, Hugh et Michael avait autrefois passé un pacte de sang) qui s’en prend aux trois hommes d’affaire.
Et ce n’est que sous la contrainte et la menace qu’Asphodèle accepte de pénétrer elle-même dans le monde des esprits pour le vaincre. Mais la jolie sorcière y redoute quelque chose de plus dangereux… et plus personnel.
Un univers plus structuré
Ce second tome d’Asphodèle abandonne presque totalement l’ambiguïté fantastique du premier volume. La magie, les plans astraux et les sorciers deviennent désormais des réalités pleinement assumées. Cette évolution donne davantage de cohérence à l’univers, notamment grâce à une approche de la magie qui semble obéir à des règles relativement strictes.
Le problème, c’est que cette clarification du lore ne s’accompagne pas d’une intrigue plus captivante. L’enquête menée pour Peter, Hugh et Michael devient rapidement prévisible et manque d’enjeu dramatique. Le récit retrouve un peu d’intérêt lorsqu’il commence (étonnement) à relier la menace actuelle au passé d’Asphodèle elle-même. La présence de cette mystérieuse créature du monde des esprits, liée à son histoire personnelle, constitue clairement la meilleure piste narrative du tome.

Le découpage reste néanmoins solide. Certaines trouvailles de composition fonctionnent particulièrement bien, notamment un passage proposant une alternance visuelle entre des séquences centrées sur Asphodèle et Michael, baignées de couleurs froides et d’une ambiance humble, et celles consacrées à Hugh et Julia, beaucoup plus agressives et dominées par des tons chauds. Les vignettes inclinées ou le combat en pleine page dans le monde des esprits apportent également une vraie respiration graphique.



Paradoxalement, le dessin souffre pourtant d’un léger recul global. Les visages, en particulier ceux d’Asphodèle et d’Anton Krieg, paraissent moins maîtrisés que dans le premier tome.
Au final, Asphodèle #2 se lit sans déplaisir grâce à son ambiance fantastique et à son univers occulte connecté aux Stryges. Je suis d’ailleurs très curieux de voir si nous allons en apprendre plus sur le fonctionnement du « monde spirituel » des stryges évoqué en particulier dans le Maitre de Jeu…
Mais l’ensemble peine encore à dépasser le simple rôle de série dérivée intrigante.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Asphodèle : diptyque de diptyques", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
