En quelques mots
Aventure fun mais dont le concept même s’oppose à l’absence d’enjeux et de conséquences…
- Actions et fun décomplexé
- Absence d’enjeux et de conséquences
- Protagonistes détestables
- Cohérence globale aux fraises

Pitch
Corbin Quinn et Danny Reilly sont deux scientifiques de renom, aussi géniaux que totalement décomplexés ! Ensemble, ils ont mis au point le moyen de voyager dans le temps. Et c’est devant les caméras du monde entier que Corbin effectue le premier voyage…
Mais tout ne se passe pas comme prévu, et il finit par disparaître rapidement dans les méandres du temps.
Danny se lance donc à sa recherche, et découvre rapidement que son ami vit la belle vie, multipliant les identités à toutes les époques.
Désormais, femmes, richesses, et infinies aventures sans aucune conséquence leur tendent les bras…
Déposez le cerveau
Malgré la profession des deux principaux protagonistes, il faut clairement déposer le cerveau dès les premières pages de l’album. Amateurs de paradoxes temporels complexes, si vous aimez explorer les réalités alternatives ou les impacts philosophiques de la causalité, passez clairement votre chemin !
Quel pied de voyager dans le temps ! Enfin, sauf quand on doit faire face à de dangereux criminels dans le passé et à un boss vraiment désagréable dans le futur…
Ici, et malgré le titre de l’album, le voyage temporel n’est clairement qu’un prétexte à une succession de scènes d’action. Si la superposition d’éléments de multiples époques dans un joyeux foutoir peut donner quelques planches rigolotes, l’ensemble ne parvient pas vraiment à être intéressant, tant les conséquences et les enjeux sont inexistants.
Les personnages auraient pu relever le niveau, mais ils sont en réalité assez détestables : misogynes, prétentieux, ils ne proposent guère de raisons de s’intéresser à eux ou à leur devenir.
Mon introduction au célèbre Millarworld, plutôt bien accueilli par la critique habituellement, est donc très tiède !
Le début du chapitre 4, démontre en trois pages l’absence totale de conséquence aux péripéties de cette histoire :



Et même si ce quatrième et dernier chapitre rehausse un peu le niveau, l’album dans son ensemble reste totalement oubliable.

On aime ou on aime pas les dessins
C’est Sean Gordon Murphy qui signe les dessins. Auteur complet du très bon « White Knight » (qu’il faudra que je chronique un de ces jours sur le blog) je reste pour autant assez mitigé sur ses dessins.
Vif et nerveux, ils sont parfaitement lisibles mais manquent un peu d’audace dans les compositions et font volontairement l’impasse sur les détails. Ils sont très reconnaissables par le style crayonné et hachuré qu’il emploie. Certains apprécient particulièrement, je dois avouer que ce n’est pas mon cas.
À mon sens, la colonisation n’aide pas beaucoup, avec des couleurs assez plates et oubliables.
L’on notera également la couverture, qui est un clin d’œil à la saga ‘Retour vers le futur’ avec la subtilité des chars d’assauts qui ponctuent les aventures temporelles de nos deux héros (si si !). Soulignons aussi que le lien avec ladite saga s’arrête a ladite couverture.
En conclusion, une déception et une BD dont on peut tout à fait se passer. Ce tome #1 raconte une histoire complète ; il semble que le tome #2 soit un poil plus sombre et sérieux, avec un dessinateur différent ; mais pas de quoi me donner envie de le lire.
