Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Asphodèle #2 : plus convaincant visuellement que narrativement, car le présent article en est la suite directe.
En quelques mots
Derrière son atmosphère londonienne et son vernis ésotérique efficace, ce tome étire un peu trop son intrigue.
- Une ambiance occulte convaincante
- De belles compositions de planches
- Des liens solides avec l’univers des Stryges
- Peu de véritables rebondissements
- Une sensation d’introduction étirée

Pitch
Membres d’une mystérieuse organisation secrète, Graham et Angela enquêtent sur la présence possible d’un stryge à Londres. Celui-ci semble avoir sous influence Brian, jeune éditeur, possédé, passant ses nuits à commettre meurtres et scarifications.
Or, Brian est aussi le fiancé d’Asphodèle, sorcière et autrice reconnue dans son domaine.
Les destins convergent lorsque Graham et Angela viennent demander l’aide d’Asphodèle, tous trois ignorant les activités nocturnes de Brian…
Un thriller occulte lent
À Scotland Yard, des affaires sordides, j’en ai vu défiler. Des assassins, des fanatiques, des détraqués faisant des pactes louches… Mais cette histoire-là avait une odeur différente. Une odeur de soufre, de vieux rituels et de vérités qu’il aurait probablement mieux valu laisser enterrées.
Le problème, c’est que cette enquête avance au pas. Graham et Angela tournent longtemps autour du sujet, tandis que Brian sombre progressivement sous l’influence du stryge sans que le récit ne trouve réellement de montée dramatique. J’ai eu la sensation de consulter un dossier rempli de rapports préparatoires sans jamais accéder aux véritables pièces à conviction. Même l’Asphodèle qui donne son titre au dossier semble demeurer un témoins laconique…
Univers tentaculaire
Pourtant, l’ambiance fonctionne. Londres est ici traversée d’ombres épaisses et de silences inquiétants. Les références aux Stryges, désormais rapprochés des anges déchus, enrichissent efficacement le lore occulte de la série.
Dans ce tome #3, des liens directs sont faits avec le reste de l’univers partagé des Stryges :
- Graham est l’un des membres du groupe originel de la saison 1 du Chant des Stryges ;
- Angela intervient dans le dernier tome du Maitre de Jeu ;
- L’origin story d’Aphodèle est directement liée au Cornu du Clan des Chimères.
Bon travail graphique
Visuellement, plusieurs compositions méritent également d’être signalées. Les pleines pages, les blancs narratifs et certains découpages apportent une vraie élégance à la lecture. Rendant presque ce dossier judiciaire agréable. En revanche, Asphodèle elle-même paraît moins réussie graphiquement que dans les tomes précédents.
Et le charadesign de Graham reste impossible à confondre avec quiconque, avec ses absurdes lunettes noires portées en extérieur comme en intérieur.



Au final, cette affaire occulte se lit sans déplaisir, mais davantage comme une longue mise en condition que comme une véritable enquête fantastique. Et à force de retarder ses révélations, l’album finit par donner l’impression que même Scotland Yard aurait classé l’affaire avant sa conclusion.
