Rising Stars : Vue d’ensemble

J’ai découvert la série « Rising Stars » au tout début des années 2000, grâce à mon frère qui en avait emprunté quelques tomes à la bibliothèque du quartier.

J’en avais gardé un souvenir très confus, mais excellent. Aussi, lorsque j’ai eu l’occasion de l’acquérir à moindre coût, je me suis jeté sur l’occasion.

Je suis venu, j’ai lu, et j’ai adoré !

Pitch

En 1969, une mystérieuse boule de lumière frappe la petite ville de Pederson, dans l’Illinois (USA). Suite à cela, cent treize enfant in utero durant le phénomène se mettent à développer des pouvoirs extraordinaires.

Des décennies plus tard, ces “Spéciales” sont devenus des célébrités, des armes politiques, des protecteurs… ou des menaces. Lorsque plusieurs d’entre eux sont assassiné, celui qui se fait surnommer Poet décide de mener l’enquête… Ses investigations révèleront un réseau de manipulations, de rivalités et de secrets enfouis depuis l’origine du phénomène.

Écrite par J. Michael Straczynski (auteur de l’excellentissime série Babylon 5), la série mêle super-héros, thriller politique et drame humain dans une approche réaliste et désenchantée du mythe des surhommes. Entre ambitions personnelles, peur du pouvoir et paranoïa gouvernementale, Rising Stars explore ce que des individus extraordinaires feraient réellement dans un monde ordinaire.

Rising Stars est un comics indé, sous le label Top Cow initialement édité par Image Comics.

Actes I, II et III

La série principale se découpe en 3 actes de 8 chapitres chacun (24 issues au total). Toutefois, je possède personnellement une édition intégrale proposée chez Delcourt qui en fait ainsi une (très grosse) histoire d’un seul tenant. Mes critiques de chaque acte sont détaillées ci-dessous :

  1. Rising Stars #1 : comics superhéroïque qui préfère (un peu) l’usure humaine au spectaculaire (publié le 27 mai 2026)
  2. Rising Stars #2 : Une suite ambitieuse qui refuse le statu quo (publié le 26 août 2026)
  3. Fin mélancolique pour Rising Stars (#3) (publié le 24 septembre 2026)

Bonus

L’édition intégrale dont je dispose propose en fin d’ouvrage quatre tie-in (tel qu’un épisode #0 et un épisode #1/2 dont les comics ont le secret…) :

Rising Stars

Trés court récit présentant globalement l’ensemble de l’univers de la série. C’est à voir plutôt comme une sorte de préambulle. Dommage qu’il soit présenté en fin d’album.

Clowneries

Nous suivons un intermittent du spectacle désabusé, chargé d’accueillir les enfants de Pederson dans le camps dans lequels ils grandiront sous contrôle du gouvernement.

Récit un poil dérangeant et peu interessant, dont on peine à comprendre où il veut en venir.

Spécial

Un nouvel habitant de Pederson manifeste des superpouvoirs alors qu’il est né an ans après ses congénères… Le phénomène serait-il contagieux ?!

Historiette tragique et touchante, même si son dénouement est prévisible.

Le Visiteur du Soir

Pyre, sympathique supervilain, revient sur sa relation tumultueuse avec Patriot, paroxysme du superhéros américain.

Synthèse un peu longue mais intéressante de l’antagonisme entre Pyre et Patriot, (hélàs) à peine effleuré dans le récit principal

Un parfait point d’entrée dans les comics !

A la lecture de Rising Stars, une qualité m’a particulièrement sauté aux yeux : c’est en fait un excellent point d’entrée dans les comics de superhéros !

En effet, fidèle à sa réputation, Straczynski avait une idée précise du début et de la fin de son récit, avant de le découper en 24 issues. De ce fait, l’histoire est complète et ne nécessite aucune connaissance préalable ; les personnages sont inédits et se découvrent au fil du récit. Les pouvoirs des protagonistes sont assez variés pour balayer les classiques que l’on peut trouver chez Marvel ou DC (on notera toutefois l’absence de double-identité secrète, par nature). En outre, la cohabitation de ces différents surhomme au sein d’un même univers est globalement plus cohérente qu’une Justice League hétéroclite ou des Avengers aux pouvoirs nerfés.

Pour autant, certaines clefs sont pourtant manquantes et nécessitent un effort du lecteur pour raccrocher certains wagons (cela reste trés limité1). Là encore, c’est une bonne façon appréhender la lecture des comics, dans lesquels il n’est pas rare que certains pans du récit soient dans des fascicules tiers et/ou indisponibles en France.

Les dessins sont globalement magnifiques, très marqués par les comics du Modern Age avec les exagérations incontournables, mais parfaitement agréables.

Enfin, les sujets abordés sont assez actuels pour une série qui a plus de 25 ans : la critique des USA, l’approche géo-politique, la dimension intime, les thèmes comme le devoir, le remords ou la vengeance…

Impressionnante galerie de personnages

Rising Stars présente la caractéristique notable de faire cohabiter un trés grand nombre de personnages, sans pour autant perdre le lecteur ! Cela grâce à un charadesign soigné, et un traitement intelligent de ceux-ci. La trés grande majorité sont des Spéciaux, parmi lesquels :

IdentitéSurnomPouvoirsNota
John SimonPoetEndurance, décharges d’énergieNarrateur principal
Randy FiskRavenshaddowForce, pistageLeader, artiste
Matthew Bright–Vol, force, endurance, vitesse–
Elisabeth ChandraChandraPlus belle femme du monde–
Stephanie MaasMaas CritiqueVol, force, télépathie à grande échelleDouble personnalité
Jason MillerFlagg / PatriotVol, force, endurance, vitesse, radiosensibilitéSponsorisé par Nexus Corp
Joshua KaneSanctuaryVol, transfigurationAu service de la branche religieuse de son père
Jerry MontrosePyreVol, endurance, pyrokinésieSupervilain sympathique

On peut en ajouter de trés nombreux autres, tels que Paula Ramirez (voix hypnotisante), Lee Jackson (pyrokinésie), Brody Kempler (intelligence supérieure), Lauren Darkhaven (télékinésie faible), Lionel Zerb (Medium)… Notez qu’après la « saute » (fin de l’acte I), leurs pouvoirs se décuplent et la plupart des Spéciaux acquièrent endurance et vol.

Ces pouvoirs différents pour chaque personnage me fait beaucoup penser à la série 4400 (série dans laquelle une boule de lumière initiale est également à l’origine de surhumains) ou encore à la saga de Lanfeust… J’y vois également une parenté assez évidente avec les X-men. Tandis que d’autres voient une filiation avec The Dark Knight Returns de Miller et Watchmen de Moore pour la réflexion autour du concept du superhéros.

L’on trouve également des personnages « normaux » (i.e. sans pouvoir) mais surtout dans le premier acte, ce que l’on peut regretter. Je pense en particulier au Dr Welles (pédiatre en charge des 113 spéciaux dans leur enfance) ou à Paulson (officier en charge de contrôler le problème de Pederson)…

Conclusion

J’ai pris un immense plaisir à (re)découvrir cette série. Emprunte d’un peu de naïveté et de beaucoup d’optimisme, elle n’en demeure pas moins tragique et sombre, dans un contraste narratif qui fonctionne parfaitement.

C’est désormais un récit que je recommanderai, tant pour ses qualités intrinsèques, que pour l’incroyable point d’entrée qu’il permet pour un lecteur souhaitant découvrir les comics…

Notez que deux miniséries existent (Bright & Intouchable), que je compte bien me procurer dés que l’occasion se présentera.

Notes de bas de page :
  1. JE pense en particulier à l’arc scénaristique autour de Maas Critique.[↩]

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