CdC #1 : entrée en matière intrigante mais hésitante

Le Clan des Chimères, tome 1 : Tribut

Garantie sans spoiler

L’article ci-dessous ne contient aucun spoiler, même mineur.

En quelques mots

Une introduction intéressante à une saga de fantasy médiévale reliée à l’univers des Stryges, mais dont le scénario hésitant et le dessin inégal limitent l’impact.

  • Univers de low fantasy intrigant
  • Galerie de personnages riche
  • Mise en place lente
  • Incohérence scénaristique notable
  • Dessin des visages peu convaincant

Pitch

Le fourbe Amaury de Hauteterre tente encore une fois de s’en prendre au fief de son cousin Payen, seigneur de Roquebrune. Helàs, ce dernier a d’autres préoccupations : son épouse Gwenaldren est sur le point de donner naissance, mais l’enfantement se présente particulièrement mal. Heureusement, il peut compter sur la mystérieuse Smérald, maitresse dans les arts cachés et détentrice des secrets de la nature…

Sept ans plus tard, les seigneurs de Roquebrune ne cachent pas leur confusion face à leur fils, Abeau, qui semblent aussi stupide qu’il n’est beau. Autrefois, Gwenaldren avait rêvé que son fils lui était dérobé par des créatures magiques… Se pourrait-il que ce cauchemar n’en ait pas été un ?

Rappel sur la saga

Ce que j’appelle la « Saga des Stryges » est en réalité un univers fictif composite, constitué de plusieurs séries parallèles. On pourrait presque y voir une hypersérie !

L’oeuvre principale de cette saga est la série du Chant des Stryges (CdS), elle-même subdivisée en 3 saisons de 6 tomes chacune. Son récit se déroule dans notre époque contemporaine.

Mais plusieurs séries spin-off existent et rejoignent la série principale du CdS à partir de sa seconde saison, se déroulant tantôt dans le passé (fin du moyen-age, renaissance), tantôt dans le présent, tantôt… dans le futur (sur Mars !).

Ce premier tome du Clan des Chimères (CdC) est donc l’un de ces spin-off.

Une fantasy médiévale en gestation

Ce premier tome du Clan des Chimères plante son décor dans une France médiévale du XIIIe siècle, où intrigues seigneuriales et éléments fantastiques commencent lentement à s’entrelacer. Très vite, l’album annonce son orientation : nous sommes clairement dans une low fantasy médiévale : les créatures fantastiques (fées, kobolds ou loups) semblent évoluer en marge du monde des hommes, dans une frontière encore floue entre superstition et réalité (un peu comme dans la Tchalette par exemple). De ce fait, d’autres créatures mystiques et variées sont ainsi introduites dans l’univers Stryges.

Aprés le prologue consacré à la naissance d’Abeau, une ellipse de sept ans propulse le récit vers sa véritable intrigue. Abeau grandit, mais son comportement étrange trouble profondément ses parents. Le doute s’installe (mais ne demeure en réalité pas bien longtemps) : l’enfant est-il réellement celui que Gwenaldren a mis au monde, ou bien une créature issue d’un échange surnaturel ?

Nota bene

L’échange de nouveaux nés par des créatures magiques est un motif classique du folklore européen ! Le scénariste Guérineau le reprend ici intelligemment à son compte.

Un scénario encore maladroit

Malgré ce point de départ intrigant, le scénario ne convainc pas pleinement. La mise en place s’avère relativement lente, sans pour autant adopter une véritable approche contemplative qui justifierait ce rythme étiré.

Surtout, une incohérence narrative affaiblit la crédibilité de l’intrigue : le silence prolongé de Sylvine concernant la griffe de kobold reste inexpliqué après l’ellipse de sept ans (!). Ce détail peut sembler mineur, mais il laisse l’impression d’un fil narratif mal maîtrisé.

Le récit compense néanmoins en partie cette fragilité par une galerie de personnages relativement dense. Payen, seigneur juste mais infidèle, Gwenaldren et la mystérieuse Smérald forment un trio central intéressant (qui a dit triangle amoureux ?), entouré d’une série de figures secondaires qui enrichissent l’univers : Perrin le cuisinier traître, Sylvine la confidente ou encore Cylinia, la fille de Smérald dotée de prescience.

Un dessin correct mais peu marquant

Graphiquement, l’album laisse une impression plus mitigée. Si certains panoramas médiévaux se révèlent agréables et si les costumes apparaissent globalement crédibles, le chara-design pose davantage problème.

Les visages des personnages manquent parfois de personnalité. Certains choix visuels (comme la peau extrêmement rouge des kobolds) surprennent également par leur caractère un peu excessif.

La mise en page, enfin, reste très classique. Le découpage fonctionne correctement mais ne propose rien de véritablement marquant sur le plan narratif.

Un premier tome d’exposition

Au final, ce premier tome du Clan des Chimères est surtout à un album de mise en place. L’univers, les personnages et les tensions commencent à se dessiner, mais l’ensemble manque encore de puissance narrative pour réellement s’imposer.

L’ambiance médiévale relativement lumineuse (qui se teinte d’inquiétude avec l’arrivée finale de l’inquisiteur Bertaire) laisse néanmoins entrevoir des développements potentiellement plus sombres pour la suite de la série.

En l’état, cette ouverture intrigue sans convaincre : un début de saga qui demande encore à trouver sa voie.

Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Clan des Chimères", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !

Notes

Scenario : 5 / 10
Dessin : 5 / 10
Ambiance : 6 / 10
Note moyenne : 5.3 / 10

En savoir plus sur l'album...

Série : Le Clan des Chimères

Album : tome 1/6 : Tribut
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : avril 2011

Lien : Site officiel

Taille : 48 pages

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.