Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Le Clan des Chimères #5 : un passé ressassé, car le présent article en est la suite directe.
En quelques mots
Un dernier tome ambitieux dans ses intentions tragiques, mais plombé par un scénario fragile et des arcs partiellement résolus.
- Une ambiance tragique marquée et cohérente
- Un point de vue narratif original via le Cornu
- Une double-page de bataille réellement impressionnante
- Un scénario léger et peu satisfaisant
- Des personnages principaux peu attachants
- Des épilogues un peu artificiels

Pitch
La bataille entre le clan des chimères et les hommes d’Adémar de Hauteterre est une véritable boucherie car bien vite, les stryges ont un large avantage.
De leur côté, Abeau et Cylinia se rapprochent du Cornu, afin de libérer le clan des chimères et se retrouver investis de leurs pouvoirs. Mais dans l’ombre, d’autres Stryges ont des projets différents.
Une fin qui disperse ses enjeux
Ce sixième tome de Le Clan des Chimères ambitionne de conclure une fresque sombre et tragique. Pourtant, malgré quelques idées fortes, le résultat reste profondément déséquilibré. Le scénario multiplie les résolutions sans réellement les assumer : certaines réponses sont apportées, mais de nombreux arcs demeurent ouverts, donnant une impression d’inachèvement.

La tentative d’évasion du Cornu et des chimères, avortée par les autres stryges, illustre ce problème : un moment clé, rapidement expédié, qui peine à produire un véritable impact dramatique.
Le Cornu, pivot du récit
Le choix de basculer une partie du récit à la première personne du Cornu, tout en le faisant parler en vers, constitue l’une des meilleures idées du tome. Ancien chef des stryges, figure tragique bannie pour avoir aimé((Cette notion reste toutefois (volontairement ?) dans le flou… A-t-il réellement aimé Léana, ou l’a-t-il séduite voire violée pour d’autres raisons…? En fait, la réponse est apportée dans la Saison 2 du Chant des Stryges !) une humaine, il apporte une épaisseur inattendue à l’univers.
À l’inverse, le duo Abeau/Cylinia reste problématique. Leur relation demeure déséquilibrée (peut-être volontairement), ambiguë et difficile à saisir, sans que cela ne produise un véritable enjeu émotionnel.
Une tragédie efficace… par instants
L’album trouve néanmoins une certaine force dans son ambiance de fatalité. Roquebrune apparaît comme un lieu condamné, où les personnages deviennent paradoxalement plus touchants au moment de leurs disparitions.
Visuellement, la série atteint un sommet avec une double-page de bataille spectaculaire, mettant en scène l’affrontement déséquilibré entre humains et stryges. Une séquence marquante… mais trop isolée pour porter l’ensemble.

Les deux épilogues, dont l’un fait le lien (attendu) avec Le Maître de Jeu, viennent conclure l’ensemble. Mais leur accumulation apparaît un peu artificielle, comme si la série hésitait sur la manière de refermer son récit.
Au final, ce tome 6 clôt Le Clan des Chimères sans réellement le résoudre : une conclusion sombre, cohérente dans son ton, mais frustrante dans son exécution. Notez toutefois que nous retrouverons Abeau et Cylinia dans une autre série de la saga : le Siècle des Ombres ! En espérant que Corbeyran parviendra cette fois à leur donner plus de corps.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Clan des Chimères", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
