Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Mission claire, récit sous tension, dans le CdS #8, car le présent article en est la suite directe.
En quelques mots
Un volume solide dans son exécution, riche en faux-semblants et en enjeux, et qui fait avancer le lore !
- Un jeu de manipulations et de mensonges bien orchestré
- Un enrichissement du lore cohérent
- Un traitement plus nuancé de Debrah
- Une impression de redite avec le tome précédent
- Une survie peu crédible de certains personnages
- Un déséquilibre dans le traitement des protagonistes

Pitch
Contre toute attente, le Lt Reese à survécu à l’explosion de sa base. Rétabli au plus vite grâce aux moyens de Weltman, il se remet en chasse de Debrah, toujours en possession du grimoire de Venoncius… Celle-ci est par ailleurs en pleine « partie de poker » à son sujet, contre Abeau et Cylinia.
Pendant ce temps, Kevin et Jill entreprennent des négociations musclées avec le père de Melinda. Leur objectif : le convaincre de l’existence des stryges, et ainsi faire front commun pour guérir Melly.
Un jeu de dupes bien rodé
Ce tome 9 du Chant des Stryges repose sur une mécanique désormais bien installée : pièges, mensonges et faux-semblants structurent l’ensemble du récit. Les deux arcs (la négociation autour du grimoire de Venoncius et la quête de Kevin et Jill pour sauver Mélinda) avancent en parallèle avec une lisibilité correcte, sans jamais réellement surprendre.
Le problème tient précisément là : cette structure donne une impression persistante de déjà-vu. L’échange autour du manuscrit rejoue des motifs du tome précédent, sans véritable montée en puissance.

Des personnages rééquilibrés… ou délaissés
Le traitement de Debrah constitue une évolution notable. Longtemps proche d’une figure quasi infaillible de Mary Sue, elle est ici mise en difficulté, humanisée, voire fragilisée. Et l’ajout d’un mystère autour de ses mains ouvre une piste intrigante !.
À l’inverse, Jill est reléguée au second plan, ce qui déséquilibre l’ensemble. Kevin, lui, reste porté par des motivations floues : son amour fou pour Melly ne convainc pas, et n’avait pas été présenté ainsi dans la première saison..
Un univers qui continue de s’épaissir
L’album se rattrape en partie sur son lore. Le lien avec les événements du tome #1, autour de Mélinda, apporte une cohérence appréciable au long cours. La symétrie introduite entre jeunesse éternelle et maladie incurable (toutes deux issues des stryges) enrichit intelligemment la mythologie des stryges. Enfin, nous en apprenons enfin plus sur Sandor G. Weltman, qui perd en amabilité pour devenir un pure monstre mégalomane (mais est-ce vraiment le cas…?)

Visuellement, l’ensemble reste solide, malgré quelques tics : sexualisation insistante de Debrah (déjà amorcée dans le tome précédent), visage de Weltman constamment dissimulé jusqu’à la caricature… Quelques choix marquent néanmoins, comme cette splash page double, hybride, intégrant des photos, surprenante (image ci-dessus).
Au final, ce tome 9 fonctionne, dépassant son statut de chapitre intermédiaire efficace mais un peu redondant, grâce à des révélations en fin d’album.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Chant des Stryges - Saison 2", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
