Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article CdS #6 : de la jungle urbaine à amazonnienne au préalable !
En quelques mots
Un tome de réintroduction solide et atmosphérique, qui relance tranquillement la dynamique de la série.
- Une ambiance urbaine sombre et immersive
- Un personnage central fort avec Jill
- Une mise en scène efficace dès le prologue
- Un tome un peu statique
- Des choix visuels datés (3D numérique)
Pitch
Jill est une ancienne membre de la mystérieuse organisation que nous avons découvert dans la saison précédente de la série. Après des événements traumatisants, elle a disparu pendant 5 ans, mais souhaite désormais réintégrer l’organisation. Tout en ayant vraisemblablement des intérêts personnels supplémentaires…

Un retour en douceur… presque trop
Ce tome 7 du Chant des Stryges s’inscrit clairement comme un volume de réintroduction. Après une ellipse de sept ans depuis le tome #6, la série reprend ses marques en replaçant ses pions : factions aux contours flous, alliances ambiguës, tensions larvées entre Organisation, Sandor Weltman Inc et menace des stryges (créatures pourtant absentes de ce tome).
Le problème, c’est que cette remise en place se fait au prix d’un récit relativement pauvre en péripéties. L’intrigue avance peu, préférant installer une atmosphère, repositionner ses personnages et faire un brin trop d’exposition au travers du personnage de Crandl, le patron de la mystérieuse Organisation. Le cliffhanger final, fidèle à la série, apparaît alors comme un moteur artificiel plutôt qu’un véritable aboutissement de l’album.

Jill, point d’entrée efficace mais ambigu
Le choix de faire de Jill le point d’entrée du récit fonctionne. Déterminée, malade et condamnée, elle incarne une figure à la fois implacable et fragile. C’est à travers son regard que l’univers est (re)découvert par le lecteur, ce qui permet une réintroduction fluide.
Autour d’elle, les figures connues – Kevin, Mellinda1, ou encore Debrah Faith (véritable nom de Davis) – gravitent sans véritable évolution notable. Le sentiment domine définitivement : ce tome sert davantage de mise à jour des positions que de progression narrative.
Nous ne lutterons pas d’être pas aux côtés du Bien, mais au moins nous combattrons le Mal par le mal…..
Une ambiance intacte, mais un visuel inégal
Là où l’album reste fidèle aux premiers tomes, c’est dans son ambiance urbaine, sale et industrielle. Néons, sang, béton : le thriller conserve son identité visuelle et son atmosphère poisseuse.
Le dessin, globalement maîtrisé, propose un charadesign solide et lisible. Mais certains choix, notamment les insertions en 3D numérique, ont très mal vieilli et cassent ponctuellement l’immersion.

Au final, ce tome 7 agit comme une remise à zéro contrôlée : nécessaire pour relancer la série, mais un poil trop statique pour réellement captiver… tout en suscitant quand même l’intérêt ! A suivre.
Notes de bas de page :- Celle-ci est un petit paradoxe : toujours traumatisée par les évènements du tome #1, elle semble stagner. Pourtant, son père nous est introduit (tout en demeurant hors-champs) et gagnera très probablement en importance par la suite… [↩]
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Chant des Stryges - Saison 2", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
