En cette année 20 d’une galaxie lointaine, très lointaine, Luke Skywalker et Mara Jade se marient. Le jeune maitre jedi et l’ancienne assassine impériale oscillent ainsi entre préparatifs de la cérémonie, retrouvailles d’anciens compagnons, appréhensions sur les répercussion de leur union et vagues menaces d’intrigants peu crédibles…

Le résumé ci-dessus se suffit globalement à lui-même, pour le meilleure ou pour le pire.
Du côté du pire, le scénario est quasi-inexistant. Les (légères) péripéties s’enchainent sans inspiration ni tension, servies par une chronologie des évènements difficile à suivre, en particulier une première cérémonie de mariage qui précède les enterrements de vies de jeunes gens de Luke et Mara (EVG & EVJF).
Recherche d’une robe de mariage, planification de la cérémonie, rixe lors de l’EVG de Luke, spa lors de l’EVJF de Mara… Si tout cela prète à sourire, force est de reconnaitre que globalement, on s’en fiche !
Du côté des ex-impériaux, l’on suit un vague complot que l’auteur semble rendre volontairement assez peu crédible. Et de fait, celui-ci échoue évidement sans aucune tension ni enjeu.
Et l’ensemble n’est vraiment pas servi par un bullage très difficile à suivre, et des dialogues qui ont souvent du mal à se répondre.
Du côté du meilleur, on trouvera dans cet album ce que l’on peut s’attendre à y trouver : un immense fan-service, et plutôt réussi !
Car tout l’intérêt est là : retrouver de nombreux personnages plus ou moins connus (de Kam Solusar à Corran Horn, en passant par Wedge Antilles, Talon Karrde, le jumeaux Solo, Mon Mothma…) et multiplier les références plus ou moins obscures à l’ensemble du lore de Star Wars (des grandes batailles aux plus petites annecdotes).
J’ai trouvé intéressant que soit évoqué dans cet album le fait que le mariage est tout à fait toléré dans le Nouvel Ordre Jedi, alors qu’il était interdit à l’époque de l’Ancienne république ! En effet, d’un point de vue extradiégétique, soulignons qu’avant la sortie de la prélogie au cinéma, il n’avait jamais vraiment été mentionné que les Jedi devaient rester célibataires1. Et les arguments en faveur des mariages jedi est plutôt bien amené dans l’album.

Du côté des dessins, nous avons également du bon et du moins bon. Dans un style assez réaliste, les personnages, décors et costumes sont magnifiques. Les personnages issus des films originaux sont tout à fait identifiables, tandis que les personnages issus de l’univers étendus disposent de leur design propre et reconnaissable (d’ailleurs, je ne sais pas si c’est moi, mais je trouve que Kam Solusar ressemble furieusement çà Bruce Willis, non ?). Mais à l’inverse, le charadesign des personnages secondaires est beaucoup plus discutable, les rendant assez difficile à discerner les uns des autres.
Les compositions, quant à elles, nous offre plusieurs moments de bravoure (en particulier les cauchemars de Luke et Mara) ainsi que plusieurs pages et doubles-pages audacieuses. Les auteurs jouent également avec les blancs narratifs. Les découpages sont également soignés, avec des jeux de lumières dans certaines vignettes simplement magnifiques.


En conclusion, « Union » est une petit friandise coupable pour les fans hardcore de l’univers Legends de Star Wars. Assez inutile, donc totalement indispensable. Pour tout autre lecteur, n’hésitez pas à passer votre chemin.
PS : La série « Nouvelle République » étant plutôt une anthologie, nul besoin de lire les tomes #1 ou #3.
Notes de bas de page :
Robe de mariage, EVG… des milliers d’années et la cérémonie reste inchangée ?
Hey ! Salut Amandine ! Ça fait plaisir de te « voir » par ici !
Alors… En toute rigueur… Star Wars, ça se passe « il y a BIEN LONGTEMPS, dans une galaxie lointaine, très lointaine ». Donc, ce serait plutôt nous qui n’avons pas beaucoup évolué depuis eux. 😀
Après, c’est un univers fictif, et comme souvent, il faut des ponts avec le nôtre, sans quoi l’on risque de perdre beaucoup de lecteurs… Après tout, on parle d’un univers où l’on parcours la galaxie mais où l’on se bat encore à l’épée, où l’on ne trouve de l’IA que dans les droïdes et nulle-part ailleurs, où tout le monde semble aligné sur les mêmes horaires alors qu’ils changent régulièrement de systèmes solaires… 🙂
Cela dit, j’ajouterais deux points :
– Comme lu dans une autre critique, ça fait du bien de voir les héros de Star Wars (big three et autres) confrontés à des problématiques quotidiennes, normales, qui ne pèsent pas sur le destin de la galaxie entière ;
– Le sujet d’une cérémonie de mariage jedi et ce qu’elle doit contenir est soulevé (dans un contexte où l’ancien ordre Jedi a été rayé de l’histoire, et d’autant plus que dans les derniers siècles, ledit ordre interdisait ce type de mariages).