Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article On s'ennuie dans HdA #2 au préalable !
En quelques mots
Malgré un cadre spatial séduisant et quelques idées de science-fiction réussies, Les Hydres d’Arès #3 conclut sa trilogie de manière précipitée, au prix de nombreux raccourcis scénaristiques.
- Une station orbitale au design original.
- Un lien, certes discret, avec l’univers des Stryges.
- Un scénario truffé de facilités.
- Les thèmes des Afridiens totalement abandonnés.
- Un final expédié qui laisse un goût d’inachevé.

Pitch
Les trafiquants, maitres des hydres, fuient Mars et trouvent refuge dans la station orbitale, hors de toute juridiction. Boozer, Mc Spayne et Jean-Pierre sont à leur poursuite, mais ils sont bien vite fait prisonniers… par une ancienne camarade de Boozer, ayant elle aussi servie dans les Suicide Troopers.
Hélas, rapidement, lesdits trafiquants (toujours à la solde du mystérieux « Arés ») parviennent de nouveau à s’enfuir en direction de la Terre…
Exit Mars
Ce troisième tome reprend exactement là où le précédent s’arrêtait et délaisse presque immédiatement Mars pour une longue course-poursuite spatiale. Le changement de décor fonctionne plutôt bien : la station orbitale affiche un design original qui tranche avec les environnements plus conventionnels rencontrés jusque-là et participe à l’identité visuelle de l’album.
« Qu’est-ce qu’il a dit ? »
« Échec et mat. »
« Et juste après ? »
« Que votre façon de jouer ressemble à votre façon de conduire. »
En revanche, le scénario s’avère trop rapidement fragile… Les thématiques qui faisaient tout l’intérêt du premier volume (le colonialisme, le racisme et la place des Afridiens) disparaissent presque complètement. Ce choix prive la série de sa principale singularité pour la transformer en simple récit d’action.
Les raccourcis narratifs s’accumulent ensuite. Tracy concentre à elle seule tous les problèmes d’écriture : elle sait tout faire, comprend instantanément comment neutraliser les Hydres et finit par incarner une combinaison peu crédible de Mary Sue et de deus ex machina. À cela s’ajoutent deux personnages afridiens totalement oubliables et un dénouement expédié, qui donne réellement l’impression que la série a été écourtée avant d’avoir pu développer toutes ses idées.



Quelques points positifs
Le dessin demeure plus convaincant que l’écriture. Comme dit plus haut, la station orbitale possède une architecture élégante et inhabituelle, tandis que certains choix de composition, notamment les blancs narratifs, apportent de la respiration au découpage.
Et enfin, le lien avec les Stryges est établi. Il reste anecdotique, mais constitue un clin d’œil appréciable pour les lecteurs de l’univers partagé. Serait-ce le seul réel intérêt de la série… Peut-être.
Au final, ce 3e album laisse une impression frustrante. Cette conclusion possède encore quelques qualités visuelles et un épilogue réussi, mais elle abandonne les idées les plus ambitieuses de la série au profit d’une fin précipitée clairement pas à la hauteur des promesses initiales.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Les Hydres d'Ares : planète rouge et anges noirs", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
