La planète Corbos est un monde noir, au climat rude et balayé de tempêtes. Cela n’a pas empêché les mineurs les plus courageux d’y établir une colonie afin d’espérer y faire fortune. Toutefois, bientôt, ce n’est pas un filon qu’ils découvrent, mais les restes d’une étrange et gigantesque créature…
Ils ne parviennent hélas qu’à envoyer un SOS fragmenté à la Nouvelle République galactique, elle-même empêtrée dans de nombreuses restructurations. Ainsi, il incombe au tous jeunes Chevaliers Jedi formés par Luke Skywalker d’aller sur Corbos prêter main forte aux mineurs.
Le chevalier Kyp Duron et le novice Dorsk 82 sont missionnés… Mais ce qu’ils trouvent sur Corbos n’est plus qu’un cimetière, qui semble hanté par quelque chose… de très gros.

Premier tome de la série Nouvelle République, dans l’univers Legends, cet album s’inscrit pleinement dans le foisonnement de l’univers étendu de Star Wars de la fin des années 1990 (voyez cet article pour plus de détails). Il convoque un imaginaire sombre et quasi horrifique, assumant une parenté à peine voilée avec les fims Alien (qui à l’époque ne constituaient qu’une trilogie), tout en cherchant à prolonger les personnages développés dans les romans de l’Académie Jedi.
Ces renvois sont cohérents puisque l’univers Star Wars constitue une grande fresque chronologique et cohérente… Mais ainsi, l’album s’adresse à un lectorat sélectif, considérant que le lecteur a connaissance des œuvres précédentes.

Notez également que cette Jedi Academy fut la dernière contribution d’Anderson à l’univers de Star Wars (cf image ci-dessus, dernières lignes du tableau).

Le scénario repose sur une idée simple mais prometteuse : une mission de secours qui tourne au cauchemar, dans un décor hostile, nocturne et balayé par les éléments. Hélas, l’exécution peine à suivre. Certaines révélations essentielles (le nom de la créature, son mode de fonctionnement, sa capacité à absorber les connaissances et même les âmes de ses victimes1) surgissent brutalement, au détour d’un cartouche explicatif, sans aucune mise en scène ni montée dramatique. Un procédé maladroit, qui casse l’immersion au moment même où la tension aurait dû culminer.
Notons toutefois la grande cohérence de l’univers Star Wars : l’atlas officiel place la planète Corbos non loin de Yavin (où se trouve l’académie Jedi dont partent les chevaliers au début du récit) mais aussi assez proche de planètes telles que Ziost ou Korriban. Celles-ci sont des mondes autrefois peuplés par les Sith (voyez la série la Légende des Jedi) ; or dans le lore de Star Wars, les Léviathan sont effectivement des créatures initialement créées par les premiers seigneurs Sith2 ! Tout est lié !

A l’inverse, il est plus difficile de placer cet album dans la chronologie Star Wars que dans sa géographie… La quatrième de couverture indique 10 ans après la bataille de Yavin ; et les fans eux-même ont du mal à placer ce récit sur la frise chronologique. Toutefois, les évènements du roman « Sabre Noir » y sont mentionnés, ce qui place donc ce « Jedi Academy » probablement autour de l’an 13.
Les personnages, eux, remplissent surtout une fonction illustrative. Kyp Duron, encore présenté comme padawan3 élève de Luke Skywalker, reste assez lisse, tandis que le novice Dorsk 82 porte l’essentiel du propos (toutefois léger) autour de la confiance en soi. Une intention louable, mais traitée de manière trop schématique pour réellement marquer. Tous deux sont rapidement rejoints par deux autres jeunes chevaliers : Streen (mauvais combattant mais influent sur la météo) et Kirana Ti (sorcière de Dathomir, excellente guerrière), qui donnent un petit second souffle au récit.
Graphiquement, l’album assume un style typiquement années 1990, aux couleurs mesurées et au charadesign globalement réussi, même si Luke Skywalker demeure étonnamment peu reconnaissable. Quelques effets visuels, comme le ghosting accompagnant les acrobaties de Kyp, apportent un dynamisme bienvenu. L’ambiance, sans être pleinement aboutie, fonctionne par intermittence et confère à ce tome une identité singulière, malgré un récit trop souvent prisonnier de ses références.
Notes de bas de page :- Un point qui est d’ailleurs plutôt étranger au lore habituel de Star Wars ![↩]
- Voyez par exemple cette source. Cela n’est toutefois pas du tout mentionné dans le présent album.[↩]
- En 1998, ce mot n’existait pas encore…![↩]
