Toute fin du XIXe siècle… Jack l’éventreur a terrorisé Londres pendant plusieurs mois… avant d’embarquer pour le Nouveau Monde, et en particulier la ville en plein essor qu’est Gotham City…
… Ville qui a vu naître le jeune milliardaire Bruce Wayne. Lui aussi revient à sa ville natale, après avoir voyagé quelques années en Europe. Et avec une idée en tête : se faire secrètement justicier la nuit, en devenant le Bat-Man.

Plongée dans l’époque victorienne américaine, Gotham by Gaslight se distingue par son audacieuse réinterprétation du mythe de Bat-Man (en deux mots, s’il vous plait). Le récit, daté de 1989, n’était pas unanimement salué par la critique, du moins c’est ce que j’en avais aperçu. Mais il s’est imposé à moi comme un véritable coup de cœur, destiné aux les amateurs de récits historiques et de super-héros réinventés.

Le récit se déroule en pleine révolution industrielle, offrant un cadre crédible et fascinant. L’intrigue, concentrée et efficace, transforme Gotham City en un terrain de jeu où Bruce Wayne devient suspect dans une enquête policière baclée. Mike Mignola (également créateur du célèbre Hellboy) y déploit :
- Une narration qui mêle thriller historique et enquête criminelle sur fond de vigilante
- Des dialogues au vocabulaire volontairement daté, renforçant l’immersion XIXe siècle
- Une tension constante autour de la traque de Jack l’Éventreur, transposée à Gotham
- Et même une réinvention de l’origin story du Bat-Man
Le casting principal est concentré mais puissant : Bruce Wayne alias Bat-Man, Jack l’Éventreur, l’inspecteur Jim Gordon, l’oncle Jake, Alfred le majordome et le commissaire Tulliver. Chacun contribue à une dynamique crédible et dense (le récit ne fait que 56 pages !), où les interactions renforcent l’aspect véridique de l’enquête.
La relecture de l’univers DC dans un contexte légèrement steampunk et industriel ajoute une profondeur appréciable.

Le noir et blanc du dessin (conforme aux règles du batman day), parfois difficile à lire, contribue à créer une ambiance poisseuse et nébuleuse, idéale pour un récit sombre. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion que l’absence de couleurs permet de repérer certains artifices(comme une itération iconique sur les révolvers dans l’exemple ci-contre). Le dessin est efficace, sans fioriture, centré sur l’action et l’atmosphère. Le charadesign, fidèle aux modes et costumes du XIXe siècle, et les illustrations réalistes renforcent la cohérence historique.
Pour rappel, le Batman Day revient chaque année, et permet aux fans du personnage – mais également aux librairies – de célébrer le Chevalier Noir de diverses manières : séances de dédicaces, soirées spéciales, annonces officielles ou marathon de films… Lors de cette journée, pour deux comics acheté, se déroulant dans l’univers de Batman, un comics collector en noir et blanc est offert par l’éditeur Urban Comics.
Malgré une violence suggérée et textuelle, plutôt que montrée, le récit de cette année 2025 reste gore et oppressant, rappelant les terreurs urbaines du XIXe siècle. L’atmosphère pesante, alliée à un récit court mais dense, fait de Gotham by Gaslight une lecture captivante pour les amateurs de Chevalier Noir et de réécritures historiques.
