Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article Complots et créatures dans MdJ #4 au préalable !
Andreas Von Harbow est arrêté pour meurtre. Pourtant, celui-ci compte toujours invoquer et s’attribuer les pouvoir d’une stryge. Pour cela, il peut compter sur le très efficace Kurt ; et celui-ci est justement parvenu à voler un fœtus de Stryge malgré le carnage du laboratoire de Clervoy.
Pendant ce temps, Quentin, Liz, Talia et Michel sont contactés par Angela, énigmatique représentante d’une société secrète luttant contre les Stryges…

Après la bonne surprise de l’album précédent, ce cinquième volume du Maître de Jeu marque un net retour en arrière. La résolution du cliffhanger du tome 4 s’avère beaucoup trop expédiée, comme si le récit cherchait avant tout à se repositionner plutôt qu’à assumer ses conséquences.
L’introduction de nouvelles factions, la Society of Research into Contact & Inducement et la Weltman Inc., enrichissent le lore1. Malheureusement, toute la séquence impliquant Angela (représentante de la première) se transforme en exposition lourde et artificielle. Les informations s’enchaînent sans subtilité, là où elles auraient largement gagné à être distillées progressivement dans les albums précédents.
Andreas Von Harbow, bien que sous le coup d’une arrestation pour meurtre, continue d’agir à distance, épaulé par un Kurt toujours aussi efficace… et de plus en plus problématique. Presque Gary Stu, ce dernier semble tout savoir, tout prévoir, au point de vider les enjeux de leur substance. À l’inverse, Kyle, désormais alcoolique, offre enfin une réaction crédible à l’accumulation des traumatismes des tomes précédents, apportant un bref sursaut de justesse psychologique, sans pour autant rendre le récit beaucoup plus interessant.


Graphiquement, le changement de dessinateur reste étonnamment discret, le style demeurant très proche des tomes précédents. L’ambiance, en revanche, déçoit davantage : le récit abandonne de nouveau ses velléités scientifiques pour se replier sur un mysticisme plus convenu et brouillon.
Un choix regrettable, qui contribue à la sensation d’un tome de transition peu inspiré.
Notes de bas de page :- Les deux organisation existent également dans la série mère.[↩]
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Maitre de Jeu : compte-rendu de partie", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
