Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article MdJ #5 : Retour au mysticisme et exposition forcée au préalable !
En quelques mots
Une conclusion très décevante, aux scènes d’expositions bâclées (et manquant pourtant parfois de détails importants) et au dénouement quelconque.
- La relation Andrés/Kurt
- Le dessin nerveux
- Un scénario réchauffé
- Une exposition verbeuse et beaucoup trop facile
- Un Lore interessant mais trop brouillon
Pitch
Quentin a été enlevé par Andréas et Kurt. Ces derniers comptent utiliser ses dons de médium pour les aider dans leur sombre entreprise : invoquer un stryge, s’en faire un esclave, et s’accaparer ses pouvoirs. Mais durant le trajet, assommé, le garçon rencontre en rêves une stryges bénéfique, celle-là même dont il a eu plusieurs visions (dans les tomes précédents). Elle entreprend de lui démêler tous les ressort de l’aventure dans laquelle il s’est retrouvé impliqué.
Pendant ce temps, Talia, Liz, Michel, Kyle et Angéla se rendent eux-aussi sur l’île. Ils comptent se porter au secours de Quentin, mais aussi empêcher le rituel d’Andréas.

Scénario bancal pour lore profond
Pour une série qui aura oscillé entre le prometteur et le décevant, ce dernier tome est clairement dans la seconde catégorie en ce qui me concerne. Le scénario s’encombre, sans s’encombrer, en usant de deux béquilles scénaristiques :
- D’un côté, il fait revenir le monstre qui hante l’île, et dont le sort avait pourtant été assez clair à la fin du premier cycle (tome 3). De ce fait, le climax sent énormément le réchauffé ;
- D’un autre côté, le rêve de Quentin et son dialogue onirique avec une stryge (qui ressemble furieusement à un ange) est une énorme facilité pour
lui expliquerexpliquer au lecteur l’ensemble des tenants et aboutissants de cette histoire d’île maudite dont les ramifications sont nombreuses mais n’ont jamais été éclaircies dans les tomes précédents. Et c’est bien dommage.
Pire, le récit de ladite stryge revient sur plusieurs éléments de scénario, modifiant ce qui nous avait été narré au préalable, à la façon d’un retcon maladroit, tandis que le scénariste est pourtant le même tout au long de la série. En particulier, l’énigmatique personnage de Sandor G. Weltman est introduit aux forceps dans les flashbacks oniriques de Quentin, puisque l’on y découvre qu’il était l’employeur de Théodore Von Harbow ainsi que l’instigateur de la matrice des cocons de stryges sous l’île…

Ci-dessous, j’ai résumé les principales étapes de l’histoire de cette île, pour essayer d’y voir plus clair :
…eh bien ! Un lore qui pourrait pu être passionnant, s’il n’était pas catapulté dans la tête de Quentin au moyen d’un rêve.

A l’inverse, plusieurs questions restent un suspens, en particulier l’origine du grimoire de Veroncius, ou l’intérêt concret d’asservir un(e) stryge… En pratique, quels pouvoirs les Von Harbow (passé et présent) espèrent-ils acquérir ? On ne le saura jamais… Tout comme resteront mystérieuses les changements d’allégeances de Kurt – jusqu’au dernier moment, j’ai cru qu’il jouait double-jeu – tout en nous proposant tout de même quelques échanges savoureux entre lui (l’exécutant qui se salit les mains) et Andréas (le comploteur lointain).
Des dessins nerveux
Le dessin est dans la droite ligne (sans mauvais jeu de mot) du tome précédent. Efficace, nerveux, certains traits me font penser aux personnages de Lanfeust ; Andreas, en particulier, a de faux airs de Thanos, je trouve.
Notez que toutes les séquences de rêve de Quentin (qui, à la réflexion, dort tout le long du tome, en fait !) sont dessinées différemment, avec un trait plus fin et justement moins nerveux. C’est un peu déstabilisant au début. Et à titre personnel, je n’ai pas vraiment accroché.
Une conclusion décevante, donc, mais qui apporte une somme conséquente d’informations au lore de l’univers des Stryges… Nous verrons si celle-ci sont réutilisées dans des séries ultérieures.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Maitre de Jeu : compte-rendu de partie", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
