
Alors que son identité à été révélée au monde entier durant les évènements de Forever Evil, l’ex-superhéros Nightwing, désormais sous son identité civile de Dick Grayson, s’infiltre dans la mystérieuse organisation Spyral. Celle-ci est une sorte d’agence d’espionnage privée, menant des missions aux quatre coins de la planète. Aux ordres du mystérieux M. Minos, Spyral tente de rassembler les « organes technologiques » d’un tout aussi mystérieux Paragon. Dick fait ainsi équipe avec la troublant Matrone.
Positionnée entre Nightwing (période New 52) et Nightwing Rebirth (période DC Rebirth), la série Grayson ambitionne une mue radicale : transformer Dick Grayson en agent d’espionnage. Sur le papier, l’idée intrigue. À la lecture, elle déroute. Trop d’éléments sont injectés sans contextualisation claire, rendant l’entrée dans le récit plus que laborieuse.
Pour en savoir plus sur les différents ages dans les comics, je vous renvoie vers un prochain article, publication à venir. (N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter du blog pour en être informé.)
La quête des “organes technologiques” de Paragon constitue la trame principale. Problème : ni ce Paragon, ni la nature de ces organes, ni leurs enjeux ne sont véritablement explicités. Les questions s’accumulent sans réponse :
- Que sont réellement ces organes ?
- Pourquoi ont-ils été dispersés ?
- Quel lien entretiennent-ils avec les superhéros de la Justice League ?
L’implant Hypnos, censé brouiller les visages et permettre intrusion mentale ou transmission de pensée, reste tout aussi flou. L’agence Spyral, dirigée par un M. Minos aux motivations opaques, connaît même l’identité de Batman ; élément majeur expédié sans réelle portée dramatique.
Les chapitres s’enchaînent parfois de manière anarchique (le chapitre dans le désert en est l’exemple le plus flagrant). Certaines séquences (la mort de l’Agent 8, l’arc du “jardin divin”, l’enlèvement de St Francis) sombrent dans l’abscons. La lecture en devient fragmentée1, presque désincarnée, et l’on est parfois à deux doigts de laisser tomber l’album. Je garde toutefois le secret espoir que les deux tomes suivants éclaircissent le scénario d’un Tom King pourtant habituellement très bon.

Le dessin sauve partiellement l’ensemble. Les compositions, notamment dans le désert ou en Irlande, se révèlent magnifiques. Les combats sont d’une lisibilité exemplaire, les charadesign soignés. L’usage récurrent du ghosting dynamise l’action.
Reste une impression dominante : à trop vouloir complexifier son intrigue, la série en oublie l’essentiel : Dick Grayson lui-même. À force de mission et de manipulation, l’identité du personnage se dilue (c’est peut-être partiellement volontaire). Une ambition louable, mais un premier tome largement décevant.
Notes de bas de page :- Sans parler de certains lien avec des séries tierces… parfois inédites en France ![↩]
