Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Crépuscule horrifique dans le MdJ (#3), car le présent article en est la suite directe.
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis le carnage survenu sur l’île…
Quentin est rentré à Paris. Hébergé chez une vieille tante, il passe le plus clair de son temps à essayer de comprendre ce qu’ils ont vécu et découvert. Il est aidé de son ami de longue date (aussi geek que lui) ainsi que de Michel et Talia (désormais en couple) ainsi que de Liz, la sœur de cette dernière.
Les restes des cocons des mystérieuses créatures ont été ramenés à l’équipe de biologistes du Pr. Clervoy, tandis que le Journal de Maitre Lacombes et le Grimoire de Venoncius sont à l’étude par l’historienne Sophie Courcelles.
Mais dans l’ombre, Andreas Von Harbow compte toujours marcher sur les traces de son ancêtre et prétendre au pouvoir des stryges…

Après un tome précédent plus qu’en demi-teinte, ce 4e opus se rapproche beaucoup plus de la série mère, le Chant des Stryges. L’on s’éloigne (un peu) de l’occultisme et (beaucoup) de l’horreur, pour se rapprocher du thriller fantastique, largement orienté vers la science, puisque les stryges sont ici des créatures étudiées en laboratoire…

C’est un parti pris dangereux de cet univers, d’osciller entre science et magie, mais force est de constater que Corbeyran s’en tire (pour l’instant) plutôt bien !
Ce tome apparait moins brouillon que les précédents, et semble savoir où il va, tout en brouillant intelligemment les pistes. Évacuant quelques personnages (en particulier Kyle, qui était pourtant un bon candidat au titre de la série1), cet album en introduit plusieurs nouveaux, répartis en de nombreuses factions aux objectifs évidement divergeant :
- Le groupe de Quentin, Talia et Michel erre un peu dans Paris en tentant de se remettre de leurs aventures ;
- L’équipe du Pr Clervoy étudie les cocons, qui se révèleront moins morts qu’ils n’y semblait (ô surprise) ;
- Kurt cherches des réponses, et une vengeance ?
- Andréas compte toujours percer les mystères et pouvoirs des stryges, il corromps pour cela Courcelles…
- Une faction supplémentaire, pour l’instant non identifiée, fait également son apparition dans le dernier acte de l’album 2.

Une belle surprise que de tome 4 (qui est donc aussi le premier du second cycle de la série), qui reprend les base des tomes précédents pour en faire un récit plus structuré, plus mûr, tout en proposant une complexité des personnages et des factions qui intriguent et maintiennent en haleine.
Le dessin est fonctionnel, et retrouve de l’inspiration avec une double-page impressionnante (reprise en couverture) ainsi que plusieurs compositions intelligentes comme celle qui alterne les vignettes d’un même gaufrier, offrant un effet semblable à celui que j’avais détaillé dans cet article (composition visible ci-dessus).
Bref, mon intérêt pour la série, largement émoussé, est relancé !
Notes de bas de page :- L’on comprend cependant que le véritable « maitre de jeu » est probablement Andréas.[↩]
- Leur sigle fait évidement penser à Sandor Weltman.[↩]
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Maitre de Jeu : compte-rendu de partie", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
