En quelques mots
Une (ré)introduction convaincante du personnage de Mara Jade, portée par une introspection réussie, mais desservie par un scénario trop mécanique et peu engageant.
- Une caractérisation fine et cohérente de Mara Jade
- Un prologue efficace
- Un univers Star Wars bien exploité
- Une intrigue principale peu captivante
- Des monologues trop verbeux
- Des compositions sans audace
Pitch
Mara Jade est la Main de l’Empereur. A son service exclusif depuis son enfance, sensible à la Force (mais très peu formée), elle exécute pour lui diverses missions spéciales et secrètes : sabotages, espionnages, manipulations, assassinats… Ainsi, l’exécution du chef d’un nouveau syndicat du crime, la « Nébuleuse Noire », ne présente pas de difficulté pour elle.
Mais lorsque l’Empereur est tué par les Rebelles durant la Bataille d’Endor, Mara Jade perd sa raison d’être… Pourtant, sa nouvelle vie d’errance ne sera pas de tout repos. Et bientôt, la Nébuleuse Noire se fait bien trop présente… pour une organisation qu’elle avait pourtant décapitée !

Un personnage parfaitement calibré
Le principal intérêt de ce comics Mara Jade réside dans son personnage central. Dès le prologue, la Main de l’Empereur est présentée avec efficacité : froide, méthodique, presque déshumanisée. Ses capacités d’anticipation et d’analyse sont particulièrement bien retranscrites, donnant à chaque confrontation une dimension stratégique crédible.

Cette caractérisation passe en grande partie par une introspection constante. Mara pense, analyse, anticipe… au point de structurer entièrement le récit. Mais cette force devient aussi une limite : les monologues internes sont trop verbeux, parfois redondants, au risque de diluer l’impact de certaines scènes. Cet aspect verbeux peut être expliqué car l’un des scénariste de l’album n’est autre que Zahn lui-même, romancier de métier.
Une intrigue sans relief
Sur le plan scénaristique, l’album peine à suivre. Situé en parallèle du film « Le Retour du Jedi », la mission autour de la Nébuleuse Noire manque clairement d’intérêt : linéaire, parfois artificielle, elle donne le sentiment d’un enchaînement d’étapes plus que d’un véritable récit construit.
Le basculement après la chute de l’Empereur constitue pourtant un pivot fort. La perte de repères de Mara Jade, privée de sa raison d’être, esquisse un thème intéressant : celui de la reconstruction après la déchéance. Mais là encore, le traitement reste en surface.



Un habillage classique mais lisible
Graphiquement, le style reste classique et efficace. Les couleurs légèrement pastel adoucissent l’ensemble, tandis que la diversité des races aliens enrichit visuellement l’univers (certaines sont connues, d’autres inédites, un bon équilibre). Certaines trouvailles, comme les inserts de vidéosurveillance en prison, apportent un léger supplément de mise en scène.
Mais globalement, le découpage demeure très linéaire, sans réelle prise de risque. Une lecture fluide, certes, mais rarement mémorable.
Au final, ce Mara Jade fonctionne comme la trajectoire d’une louve solitaire galactique : solide sur le personnage, mais trop mécanique pour réellement marquer malgré une tentative de profondeur sur la difficulté de vivre avec le poids de ses échecs.
Notes de bas de page :- Une partie de l’univers étendu de Star Wars que je ne connais pas encore. Mais ce n’est qu’une question de temps…[↩]
