Le Paris des Merveilles #2 : une conclusion urbaine entre féerie et désenchantement

Le Paris des Merveilles, tome 2 : Les Enchantements d'Ambremer 2/2

Préambule - Avant de lire le présent article, il est fortement recommandé d'avoir lu l'article Enquête, magie et intrigues dans le Paris des Merveilles #1 au préalable !

En quelques mots

Conclusion honnête d’un diptyque détonnant au contenu parfois un peu déséquilibré.

  • Un lore profond
  • L’asile des créatures magiques !
  • Uns conclusion satisfaisante
  • Certains passage inutiles
  • Des liens entre personnages un peu confus

Pitch

Le pitch de ce second tome n’est pas évident à synthétiser, car il suit directement le tome précédent ; puisque les deux tomes de ce diptyque adaptent un seul et unique roman.

Ainsi, Louis et la Baronne de St-Gil poursuivent l’enquête dans laquelle ils ont été bien malgré eux embarqués. Aprés les dégâts causés par le final du tome précédent, Louis doit répondre aux interrogations pressantes de la police parisienne. Pendant ce temps, la baronne suit tant bien que mal les faibles indices laissés par Cécile de Brescieux, désormais disparue… Car cette dernière semblait avoir un coup d’avance sur leurs déboires, et pourrait bien avoir les réponses à toutes leurs questions.

Un rythme trop rapide ?

Ce second tome du Paris des Merveilles conclut donc l’adaptation d’un roman unique. Cette contrainte structurelle se ressent fortement dans la narration : certaines pistes ouvertes précédemment trouvent ici leur résolution, tandis que d’autres semblent vite expédiées en cours de route. L’interrogatoire de Louis par la police parisienne constitue une entrée en matière efficace 1, tout comme le passage de la baronne de St-Gil à l’asile pour créatures féeriques, idée particulièrement inspirée.

À l’inverse, les allers-retours vers l’Outremonde apparaissent trop rapides, presque anecdotiques, vidés de leur potentiel dramatique (ce sont autant de planches qui auraient pu être dédiées à détailler d’autres aspects de l’histoire). La mission originelle de St-Gil en Russie, pourtant chargée de promesses, se révèle finalement secondaire. Le récit se conclut néanmoins sur un climax d’action plutôt efficace, certes convenu, mais suffisamment rythmé pour refermer le diptyque de manière satisfaisante. A ma surprise, l’histoire trouve donc bien une conclusion (partiellement ouverte sur la suite de la série).

Un univers foisonnant

Ce tome remonte à plusieurs reprise dans le passé du Paris des Merveilles et de l’Outremonde, ajoutant du lore tout en soulignant qu’au moyen-age, certains mages bien humains échangeaient avec l’Outremonde, dans des circonstances qui restent peu claire puisque l’Outremonde ne fut officiellement découvert qu’entre la Renaissance et la Révolution Industrielle. Signalons au passage que l’auteur utilise plusieurs flasbacks revenant sur les mêmes évènements (la guerre entre fées, dragons et licornes) mais les corrigeant au fur et à mesure, un procédé proche du retcon et à mon sens assez peu inspiré.

Belle époque fantastique…

La galerie de personnages est globalement réussie (voir mon article sur le tome précédent pour un peu plus de détails sur qui est qui). La confirmation que St-Gil et Cécile de Brescieux sont bien deux figures distinctes m’a vraiment surpris, je m’attendais à ce que l’on découvre qu’il s’agissait du même personnage. En revanche, leur supposé triangle amoureux avec Louis peine à convaincre. Les liens entre Louis et Cécile sont trop peu développés pour susciter un réel investissement émotionnel, tandis que la relation entre Louis et St-Gil, bien plus détaillée, cultive une ambiguïté étrange (et vraiment voulue ?), notamment lors de l’épisode où elle les fait passer pour un couple marié.

Graphiquement, l’album adopte un style très cartoon. Ce choix fonctionnait parfaitement dans Les Artilleuses, série parallèle au ton plus décomplexé, mais semble ici en léger décalage. Un traitement graphique plus sérieux aurait sans doute apporté davantage de densité et de gravité à un récit qui flirte avec des thématiques (un peu) plus sombres. Notez que j’ignore quel est le ton du roman d’origine…

L’ambiance penche clairement vers une urban fantasy affirmée, bien plus que vers le steampunk que l’on pouvait attendre. La magie douce y est utilisée avec intelligence, s’intégrant naturellement au quotidien parisien sans en fait des ressorts scénaristiques directs. La lecture est fluide, portée par un découpage efficace et lisible, sans expérimentations formelles notables mais sans fausse note non plus.

Un petit plaisir à lire.

Notes de bas de page :
  1. Bien que sans réellement conclusion crédible.[]

Notes

Scenario : 6 / 10
Dessin : 6 / 10
Ambiance : 7 / 10
Note moyenne : 6.3 / 10

En savoir plus sur l'album...

Série : Le Paris des Merveilles

Album : tome 2/3 : Les Enchantements d'Ambremer 2/2
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : novembre 2023

Lien : Site officiel

Taille : 56 pages

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