Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Long John Silver #1 : un mythe pirate revisité, car le présent article en est la suite directe.
En quelques mots
Une aventure magnifiquement illustrée, où la mer immense est paradoxalement claustrophobique.
- Tension en huis clot
- Magnifiques dessins marins
- Les dilemmes moraux
- Personnages peu sympathiques
Pitch
La vie est dure à bord du Neptune… En pleine traversée de l’Atlantique, direction le Nouveau Monde, les corps se refroidissent et les esprits s’échauffent.
Elsie s’apprête à trahir sa maîtresse en dévoilant le pacte de sang qui lie lady Hastings à Long John et ses pirates. Mais ce dernier veille au grain, malgré les tensions internes à ses hommes.

Immense claustrophobie
Vingt-cinq jours après les événements du premier tome, Long John Silver #2 prend la forme d’un huis-clos maritime étouffant. Le Neptune devient un microcosme brutal, isolé du monde, où chaque geste, chaque silence, menace de faire basculer l’équipage. La mer n’est pas ici un appel à l’aventure, mais un espace de claustration froide et instable.
Le scénario s’articule autour d’un nœud tragique : la tentative d’Elsie de révéler le pacte de sang liant Vivian Hastings à Long John. Sa mort, maquillée en accident, agit comme un révélateur. La responsabilité de Jack O’Kieff (mousse rêvant d’être adoubé pirate) est engagée dans ledit accident et cristallise une logique implacable : la fin justifie les moyens. Même s’il faut accuser un innocent…
Long John, plus ambivalent que jamais, s’impose par la manipulation et la parole. Semaine après semaine, il galvanise l’équipage, attise les tensions et transforme le coeur des hommes. Vivian Hastings, quant à elle, est dépeinte sans indulgence : froide, détestable, parfaitement consciente des sacrifices nécessaires.

Dessins magnifiques
Le dessin reste d’une grande maîtrise, toujours aussi sombre, retranscrivant un navire épuisé, humide, glacial et désespéré. Certaines compositions très visuelles, notamment en double page, confinent à l’abstraction, les formes se confondant dans une instabilité permanente. Le découpage accompagne parfaitement cette montée en pression, jusqu’à une ambiance explosive.
Un second tome, à la hauteur du premier !
