CdS #6 : de la jungle urbaine à amazonnienne

Le Chant des Stryges, tome 6 : Existences

Attention : Spoilers de niveau 4/5 !

L’article ci-dessous contient des spoilers : beaucoup de révélations sur l’œuvre, y compris sur des aspects majeurs de l’intrigue et des twists importants ; mais sa conclusion n’est pas abordée, ou de manière masquée (clic nécessaire de la part du lecteur pour y accéder).

Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Convergence et tensions dans un CdS #5 captivant, car le présent article en est la suite directe.

Il semble que le point d’origine des stryges ait été identifié, quelque part dans la jungle amazonienne. L’alliance très précaire entre le général Corey et le groupe de Kevin mène une opération d’exploration. Mais les tensions au sein de l’équipe ainsi constituée ne tardent pas à éclater.

De son côté, Davis poursuit ses investigations sur Sandor Weltman, jusqu’à recroiser la route de Kevin dans l’hémisphère sud.

Ce sixième tome du Chant des Stryges marque un changement de ton notable dans la série. L’atmosphère de thriller initiale cède la place à un récit d’aventure1 ; la tension urbaine cède la place à une dynamique d’expédition… menant à un final quasi métaphysique, frôlant le ridicule ou l’absurde tout en les évitant avec justesse. Le mystère s’effrite : les stryges ne sont plus ces entités insaisissables mais deviennent des créatures parlantes et tangibles (et même subdivisées en plusieurs factions, donnant de la cohérences à de nombreux évènements des épisodes précédents). Un mal nécessaire, sans doute, pour faire progresser l’intrigue…

« Quand un fou délire, on le soigne… Quand un fou dit la vérité, on l’élimine ! »

Kevin Nivek

La technique de localisation de l’origine des stryges en Amazonie manque toutefois de crédibilité, évoquant une pirouette scénaristique. Heureusement, la narration demeure efficace, et certaines scènes (notamment la mort de Josh) conservent une vraie puissance dramatique. Graham, évoluant artificiellement en traître torturé, se révèle l’un des personnages les plus surprenants du tome (en bien ou en mal, j’ai du mal à trancher), tandis que Kevin, hélas, paraît plus fade que jamais. Et à la réflexion, si le charadesign de la très grande majorité des personnages est parfaitement réussie, force est de constater que le protagoniste principal est finalement, de loin, le moins intéressant. Notez que Melinda sort également de la série par la petite porte… Dommage pour ce personnage de scientifique pure et dure, mais traumatisée.

Graphiquement, Guérineau reste fidèle à sa ligne maitrisée et efficace. Le dessin conserve la rigueur et la lisibilité qui font la force de la série, même si aucune composition ne frappe particulièrement ici.

Ce dernier tome de la saison clôt plutôt bien ce premier cycle. De nombreuses questions trouvent une réponse, mais de nombreuses autres sont également ouvertes… invitant à une seconde saison !

Notes de bas de page :
  1. Même si ce changement de ton avait déjà été fait dans le tome #3.[]

Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan Le Chant des Stryges - Saison 1 que je vous invite à lire pour obtenir une vision d'ensemble.

Notes

Scenario : 6 / 10
Dessin : 8 / 10
Ambiance : 7 / 10
Note moyenne : 7 / 10

En savoir plus sur l'album...

Série : Le Chant des Stryges

Album : tome 6/18 : Existences
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : avril 2002

Lien : Site officiel

Taille : 48 pages

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