En quelques mots
Sans révolutionner le fantastique occulte, Asphodèle réussit à installer une ambiance intrigante et un univers cohérent, malgré un scénario artificiellement opaque.
- Une ambiance d’urban fantasy efficace
- Une lecture fluide et immédiatement intrigante
- Un suspense parfois artificiel
- Des personnages secondaires trop interchangeables
- Une couverture particulièrement ratée

Pitch
Trois hommes puissant, aux carrières florissantes, sont les cibles de forces qui les dépassent. L’un semble avoir été agressé par une ombre, tandis que les autres sont poursuivis dans leur quotidien par des traces ensanglantées.
Tous trois sont liés par un ancien et mystérieux serment. Ils décident de faire appel à Asphodèle, sorcière internationalement reconnue pour ses best-sellers occultes, afin de faire la lumière sur tout cela et les libérer des « choses » qui s’en prennent à eux.
Critique
Présentée comme une bande dessinée d’horreur, Asphodèle relève finalement davantage de l’urban fantasy occulte que du véritable récit horrifique. Le malaise est présent, les phénomènes surnaturels existent clairement, mais l’album cherche moins à terrifier qu’à construire un mystère.
C’est d’ailleurs ce qui fonctionne le mieux ici. Je n’attendais absolument rien de cette série, et cette absence d’attente joue probablement en sa faveur : le récit se lit facilement, intrigue rapidement et parvient à maintenir une vraie curiosité jusqu’aux dernières pages, sur fond de dette à payer comme prix de la gloire…

Le principal problème vient cependant de son écriture. Les trois hommes au centre de l’intrigue cachent manifestement une faute ancienne, mais leur refus obstiné d’en parler à Asphodèle paraît surtout motivé par la volonté de préserver artificiellement le suspense. Et cette mécanique finit par se voir.
Le découpage en boucle, avec une scène finale montrée dès l’ouverture, laisse également une impression mitigée. Le procédé donne une coloration fataliste intéressante, mais son utilité réelle dans la structure globale reste discutable. A voir dans le tome suivant…
Visuellement, l’ensemble demeure solide. Les personnages sont facilement identifiables, même si Peter, Hugh et Michael manquent un peu de personnalité propre. En revanche, l’intégration subtile à l’univers des Stryges constitue probablement l’aspect le plus stimulant de ce premier tome. Sans appuyer lourdement ses références, l’album laisse déjà apparaître un arrière-plan ésotérique plus vaste, dans la continuité du Clan des Chimères.
Asphodèle n’est donc pas un grand récit fantastique, ni une œuvre réellement terrifiante. Mais comme porte d’entrée vers un univers occulte plus large, l’album remplit efficacement son rôle et donne suffisamment envie de poursuivre la lecture.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Asphodèle : diptyque de diptyques", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
