Préambule - Avant d'aller plus loin, avez-vous lu l'article Dilemme moral fort et récit sous tension dans CdS #11 ? Car l'article ci-dessous en est la suite...
En quelques mots
Un album essentiel pour le lore mais plombé par une surabondance d’exposition qui dilue toute tension narrative.
- Un approfondissement conséquent du lore des stryges
- Une thématique intéressante autour de la folie et de l’immortalité
- Une ambiance crépusculaire cohérente
- Un excès d’exposition et de flashbacks
- Des révélations peu convaincantes
- Des personnages secondaires sous-exploités

Pitch
Prisonnière du très nébuleux Sandor G. Weltman, Debrah se voit révéler ses origines et sa vraie nature. Mais celui-ci s’ouvre également sur ce qu’il est et ce qu’il cherche à faire, en particulier en usant d’un étrange météorite multi-séculaire.
Pendant ce temps, Abeau et Cylinia compte bien venir en aide à Debrah…
Une exposition envahissante
Ce tome 12 du Chant des Stryges s’inscrit dans une logique d’explication massive du lore. Origines des stryges, liens avec Le Clan des Chimères, fonctionnement biologique : tout est posé, parfois avec une certaine clarté. Mais ce choix narratif a un coût immédiat : le récit se retrouve noyé sous les flashbacks et les dialogues explicatifs.
Le problème n’est pas tant l’exposition que son volume et sa redondance. Certaines séquences sont répétées presque à l’identique au sein de ce même album, donnant une impression de stagnation. La convergence des arcs narratifs, pourtant attendue, se fait alors de manière forcée, sans véritable montée dramatique.

Je souligne que ce dernier tome ressemble beaucoup au dernier tome du Maitre de Jeu : exposition, flashbacks et retcons au forceps.
Des révélations qui peinent à convaincre
Les mystères autour de Sandor Weltman sont en partie levés, notamment sa double identité avec Crandl. L’idée reste intéressante, tout comme celle d’une folie née de l’immortalité. Mais l’exécution laisse perplexe. Certaines motivations (comme son incapacité à se suicider) demeureront incompréhensible.
Du côté de Debrah, la révélation de sa nature hybride et de ses mains griffues apparaît brutale, presque artificielle. Introduite tardivement, elle manque d’ancrage dans les tomes précédents, ce qui nuit à sa crédibilité : l’on a beaucoup de mal à repenser aux premiers tomes de la série en perspective de cette révélation. Vraiment, alors que Debrah découvraient les stryges, elle en était une elle-même ? Pour autant, son charadesign reste interessant, et me fait penser aux harpies de la mythologie.
A côté de cela, les autres personnages demeurent totalement secondaires (Abeau, Cylinia, Reese éliminé pour la seconde fois…) ou carrément anecdotiques (Jills, Kevin…)
Un habillage graphique en retrait
Visuellement, l’album ne compense pas ces faiblesses. Le découpage reste très académique, sans prise de risque. Les planches sont souvent statiques, malgré quelques paysages réussis en troisième acte.


Le choix d’une mise en scène franchement racoleuse en ouverture, avec une Debrah totalement dénudée, interroge plus qu’il ne sert le propos.
Au final, ce tome agit comme un bloc d’informations nécessaire mais mal digéré, sacrifiant la dynamique narrative sur l’autel de l’explication. Et n’apporte une conclusion que très partielle et insatisfaisante… A suivre dans la troisième (et dernière) saison.
Epilogue - Cet article est en lien direct avec l'article bilan "Le Chant des Stryges - Saison 2", à paraitre prochainement. Pour ne pas rater sa publication, inscrivez-vous à la newletter !
