Le Combat Ordinaire #3 : souvenirs et peurs de paternité

Le combat ordinaire, tome 3 : Ce qui est précieux

Préambule - Il vous est fortement suggéré d'avoir lu l'article Tendre chronique de la peur dans le Combat Ordinaire (#2), car le présent article en est la suite directe.

En quelques mots

Ce troisième tome du Combat ordinaire confirme la force de cette chronique intime : lent, hésitant et profondément touchant, il porte une réflexion douce-amère sur la paternité.

  • Une ambiance douce-amère toujours aussi juste
  • Une réflexion touchante sur la paternité
  • Des relations humaines traitées avec finesse
  • Un dessin toujours très classique
  • Les dessins réalistes paraissent moins pertinents ici

Pitch

L’exposition de Marco a été repéré par un éditeur bienveillant, qui lui propose d’en faire un livre ; pour lui – mais aussi pour les dockers de l’atelier 22 – c’est la consécration !

Pourtant, sa vie n’est pas des plus paisibles, car Marco doit composer entre les souvenirs de son père suicidé, et les désirs d’enfant de sa compagne Emilie ! Un grand écart périlleux, pour l’angoissé chronique qu’il est…

La paternité comme nouveau combat

La publication du livre de Marco pourrait annoncer une forme d’accomplissement. Pourtant, ce tome #3 choisit une nouvelle fois de regarder ailleurs : derrière la réussite se cachent les doutes, les souvenirs et les relations qui se défont.

La mort de son père pousse Marco à le redécouvrir autrement, à travers des souvenirs et des objets parfois insignifiants. Cette reconstruction posthume donne au récit une dimension particulièrement intime. En parallèle, Émilie lui impose de regarder en face la question de la paternité. Marco hésite, a peur et se retrouve confronté à une perspective qu’il ne peut plus repousser.

Un joli sac de nœuds sentimental

L’album fonctionne surtout par les liens qu’il tisse et défait. Les nouveaux éditeurs de Marco offrent un contrepoint bienveillant au personnage de Fabrice du tome précédent, tandis que l’amitié avec Pablo ou la réconciliation avec l’homme du moulin apportent quelques éclaircies. À l’inverse, les tensions avec son frère, le désir d’enfant d’Émilie, l’abandon de sa mère et la fuite de Bastounet empêchent toute résolution confortable.

Cette accumulation pourrait sembler mélodramatique. Elle ne l’est pourtant jamais vraiment, parce que l’ambiance reste lente, hésitante et douce-amère. Larcenet préfère les petits déplacements émotionnels aux grands effets. Le résultat est touchant précisément parce qu’il paraît fragile et profondément humain.

Une mise en scène discrète

Le dessin reste très classique, avec un découpage principalement organisé en quatre strips. Quelques cases agrandies viennent néanmoins rompre cette régularité (exemple plus haut) et témoignent d’un découpage soigné. Les pages de dessins plus réalistes (déjà présents dans le tome précédent) reviennent, mais leur présence me paraît ici moins justifiée.

Le Combat ordinaire #3 poursuit donc sa chronique sans chercher à hausser artificiellement le ton. Sa force réside dans cette douceur mélancolique qui accompagne les personnages jusque dans leurs contradictions. Derrière l’humour et les quelques réconciliations, l’album évoque surtout doucement ce que l’on hérite de ses parents et la peur de transmettre à son tour.

Notes

Scenario : 8 / 10
Dessin : 4 / 10
Ambiance : 9 / 10
Note moyenne : 7 / 10

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Série : Le combat ordinaire

Album : tome 3/4 : Ce qui est précieux
(Histoire liée au reste de la série)

Type de BD :

Editeur :

Parution : mars 2006

Lien : Site officiel

Taille : 64 pages

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